• Les fenêtres à bascule, un danger mortel !

    Je vais vous parler de la terrible fin qu'a connu ma petite Mila, mon premier chat. Avec cet article, je veux informer tout le monde qui a un chat, qu'il ne faut pas croire que "ça n'arrive qu'aux autres", ou que "mon chat ne ferait jamais ça" ou encore "il ne peut pas sauter jusque-là"...

    Dans le feu de l'action, parce qu'il a peur, parce qu'il se sent en danger, parce qu'il veut attraper une proie, un chat fonce sans prendre garde aux risques qu'il prend.

    Les fenêtres à bascule, un danger mortel !

    Juin 2002. Dès que je t’ai vue, je t’ai choisie. Tu étais, semble-t-il la plus turbulente, mais une fois dans mes bras, tu as posé ta tête sur mon épaule et tu n’as plus bougée, j’ai craquée et t’ai tout de suite gardée, je ne voulais déjà plus me séparer de toi.

    Très vite ton caractère se dessinait : câline, têtue, tu savais me tromper et te faire rapidement pardonner quand tu avais fait une bêtise.

    Très mince dès le départ tu as grandi rapidement et tu avais déjà un visage d’une vraie tigresse à quelques mois de vie.

    Quand mon ami est venu vivre avec moi, tu l’as adopté si vite que j’en étais devenue jalouse. Tu le suivais plus souvent que moi, tu acceptais davantage ses caresses que les miennes et tu mangeais ton assiette quand c’est lui qui te préparait ta nourriture.

    Tu as même montré au vétérinaire que tu étais une gentille fille et qu’il ne fallait pas beaucoup de produits pour faire dodo quand il a fallu te stériliser.

     

    Les fenêtres à bascule, un danger mortel !

    Tu n’étais pas une dominante, mais tu montrais aux autres matous que tu étais la maîtresse de ta maison en leur soufflant dessus. Jamais tu ne t’es bagarrée, jamais tu n’as été blessée.

    Quand nous avons déménagé, tu as de suis pris possession du jardin et tu gambadais tranquillement sur les murets.

    Très vivace, énergique et sotte, tu as vite fait connaissance avec l’escalier. Il t’a montré qu’il était le plus fort et tu l’as compris, tu l’as dominé et tu t’es maîtrisée pour ne plus dévaler trop vite ses marches et tomber à ses pieds.

    Te rappelles-tu du jour où tu es tombée dans la courette du voisin ? Tu ne savais plus remonter et tu miaulais à tue-tête pour que quelqu’un vienne te délivrer. J’ai dû descendre avec une échelle et te prendre dans les bras pour te hisser au sommet pour que tu retrouves enfin ta liberté.

     

    Les fenêtres à bascule, un danger mortel !

    Après 2 ans de vie commune, je réalisais qu’à chaque fois que nous partions au travail, cela te faisait de la peine. Tu restais seule la journée, sans beaucoup jouer. J’avais décidé de t’offrir un petit compagnon rien que pour toi. Aussi quelques mois avant sa venue, je t’avais habituée à avoir d’autres compagnons à la maison, des chats de passages, en pension, venaient le temps d’une ou de deux semaines faire connaissance avec toi et partager la maison. J’ai ainsi pu réaliser que tu t’entendais davantage avec les mâles qu’avec les femelles.

    Puis un jour, alors qu’Emmanuel était au travail et que moi je conduisais mon papa à l’hôpital, je ne sais pas ce qu’il s’est passé durant ces quelques heures d’absence, mais nous t’avons retrouvée coincée dans la fenêtre à moitié ouverte.  Dès que j’avais ouvert la porte, j’avais pu entendre ton horrible cri d’au secours. Je savais que tu avais dû être coincée, mais je ne savais pas où. Les quelques mètres qui séparaient la porte d’entrée du lieu où tu te trouvais m’ont paru interminables. La terrible vision me fouetta le sang et déchira mon cœur. Tu étais là à miauler, coincée au bassin par la charnière de la fenêtre. J’étais trop petite pour t’atteindre et j’ai hurlé au secours à mon ami. Plus grand il te soutenait rapidement tandis que moi je faisais le tour pour décrocher tes pattes arrières. Une fois qu’il ta enlevé de ton piège, il t’a directement posée à terre…J’ai de suite vu que tes pattes arrières avaient été touchées et que tu ne bougeais plus de ce côté-là…déjà je pleurais toute ma haine envers ces fenêtres, envers mon absence, envers je ne sais pas quoi qui t’as poussée à sauter jusque-là, envers le temps, envers tout le monde…

     

    Les fenêtres à bascule, un danger mortel !

    Emmanuel essayait de me rassurer en me disant que tu avais été coincée un moment et qu’il fallait que le nerf se rétablisse et revive. Après quelques courtes minutes, dans mes bras, tu miaulais encore davantage, tu hyper ventilais de la bouche. Là j’ai vu du sang sur ta langue…j’ai cru que c’était fini pour toi.

    Un coup de fil plus tard à ma belle-sœur et nous filions en urgence chez un vétérinaire qui consultait le soir.

    Dans la voiture, tu ne cessais de hurler ta douleur, ton impuissance à bouger ton arrière-train. Tu me mordais et griffais pour essayer de te libérer de ce mal, mais rien n’y faisait.

    Les fenêtres à bascule, un danger mortel !

    Sur la table froide de la vétérinaire, tu bougeais encore, tu te hissais avec tes pattes avant, tu n’acceptais pas que l’on te manipule pour voir les dégâts à ton corps.

    Le verdict tomba comme un poignard dans mon ventre : tu risquais la paralysie de l’arrière-train. Il fallait attendre 5 jours pour voir l’évolution de ton état. 5 jours c’est long, très long…et encore sans espoir de guérison.

    Le choix de te laisser chez le docteur afin que tu puisses uriner et déféquer dans une cage transpercée. Cela pour que tu ne sois pas souillée de ta propre urine. Et puis nous travaillons malheureusement et n’aurions pu être auprès de toi toute la journée.

     

    Les fenêtres à bascule, un danger mortel !

    De retour à la maison, j’essaye de comprendre ce qui a bien pu t’arriver et là je découvre que tu as dû rester coincée un bon moment, car par temps, par peur, par mal, tu avais vidé ta vessie et tes intestins sur la fenêtre donnant dans la véranda. À l’intérieur, spectacle encore plus horrifiant pour moi, je me rendais compte que tu avais essayé de toutes tes forces de sortir de ce piège en mordant et griffant tout ce que tu pouvais atteindre. C’est ainsi que j’ai vu le morceau de bois qui accueillait la vaisselle, déchiqueté sur tout son côté et taché de sang. C’est à cause de cela que tu saignais dans la bouche. Puis l’éponge rongée, des boites déchirées, la bouteille de savon de vaisselle percée de trous. Il n’y avait plus de liquide ! Peut-être avais-tu tout bu ? Nous avions téléphoné alors à la vétérinaire pour dire que tu aurais pu boire ce produit, mais cela ne devait pas être le cas, car tu n’avais pas de souillure huileuse sur le pelage.

    Le lendemain, durant la pause de midi au boulot, je demande des nouvelles au vétérinaire. Les résultats sont assez négatifs. Aucune évolution de tes membres, mais en plus tu refuses de manger et de boire. Le test des aiguilles est toujours négatif, tu ne réagis à rien, même pas quand elle t’enfonce toute l’aiguille sous la queue ou dans une patte.

    Le soir, nous venons te voir rempli d’espoir. Mais la vision n’est pas belle. Tu bouges à peine la tête, tu ne réagis même pas au liquide que tu reçois dans le corps.

    Les fenêtres à bascule, un danger mortel !

    La vétérinaire continue de dire que c’est mauvais signe. Je demande si je peux te donner ta nourriture préférée…elle n’y voit aucun inconvénient. Mais tu ne sembles même pas sentir la bonne odeur des crevettes, tu détournes lentement la tête et hale un timide miaulement de soupir. Je te prends dans mes bras, tu te laisses aller, tu ne t’accroches même plus, je trouve que tu as froid…un nouveau test d’aiguille pour tester ta sensibilité. Cette fois elle remonte plus haut dans le dos et tu n’as aucune réaction.

    Je ne pouvais pas continuer à te voir ainsi, même si tu ne souffrais pas, je souffrais terriblement de te voir dans un état pareil. J’essayais de me convaincre que s’il fallait t’endormir pour t’aider à passer le cap ce serait pour ton bien. Mais je ne pouvais m’y résoudre. Plus que 4 jours, j’attends encore 3 jours et je prendrai alors la décision.

    Le surlendemain de la catastrophe, je téléphone à nouveau au vétérinaire sur l’heure du midi. Tu ne manges toujours pas, pourquoi ? Tu ne veux même pas de ton bon lait, tu ne bouges même plus la tête…bats-toi ma chérie, tu es la plus forte ma petite puce…je disais cela plus pour me convaincre, car selon la vétérinaire il fallait déjà penser à t’endormir ce soir. Dans l’après-midi je me rends compte que la vétérinaire n’a peut-être pas tout tenté. J’arrive à obtenir un rendez-vous chez un spécialiste : un neurochirurgien.  On a rendez-vous à 18h30-19h00.

    Les fenêtres à bascule, un danger mortel !

    18h00, on arrive chez la vétérinaire. Elle accepte, sans grand espoir de réussite, qu’on aille voir un spécialiste. Elle se tourne, ouvre la porte de la pièce où tu te trouves. Je suis derrière elle, je veux te voir, te parler, te caresser, te prendre dans mes bras, t’embrasser. Elle te prend sur le côté et … met sa main devant ton museau pour voir si tu respires encore. Je me tourne à mon tour pour dire à Emmanuel que c’est trop tard, qu’on arrive trop tard, que c’est fini.

    En effet, ta tête pend, tu es encore molle, tu viens de rendre ton dernier souffle. Ton corps n’est pas encore tout froid, il n’est pas chaud, mais il n’est pas rigide, pourquoi tu n’as pas tenu le coup ?

    Le docteur te dépose sur la table et écoute ton cœur…plus aucun espoir, tu t’es éteinte. Tes yeux sont encore à moitié ouverts, ta bouche très légèrement aussi. Je ne veux pas y croire, pas toi, ma puce…

    D’un côté je me rassure que tu es partie toute seule, je n’ai pas dû prendre la décision de mettre moi-même fin à ta vie. D’un autre côté, je refuse ça, je n’ai pas eu le temps de te dire aurevoir. Tu n’auras pas de petit compagnon. Tu étais si jeune, toute la vie devant toi, tant d’amour à recevoir…

    Les fenêtres à bascule, un danger mortel !

    À ce jour encore des questions sans réponses : de quoi es-tu morte ? Une paralysie ne peut pas remonter, tu avais dû avoir d’autres blessures qui n’ont pas été vues ni soignées, as-tu souffert ? Pourquoi la vétérinaire ne t’a-t-elle pas mis un baxter pour te nourrir artificiellement ? Tu aurais pu avoir de la force pour lutter davantage et alors avoir le temps pour aller voir le spécialiste ? Qui ou quoi t’as effrayé pour sauter dans cette fenêtre si haute, si étroite ? As-tu senti que nous étions là avant de partir ? Sais-tu que je t’aime énormément et que tu me manques terriblement ?

     

    Ce soir (juillet 2004), on est vendredi et chaque matin et chaque soir depuis ton départ chez la vétérinaire, je lâche toutes mes larmes de mon corps.  Le soir est pénible sans toi, car tu ne viens plus sur le lit t’endormir sur notre ventre ou entre nos jambes. Tu ne nous attends plus derrière la porte quand on rentre du travail. Tu ne viens plus « mendier » à table quand tu entends le bruit du couvert contre l’assiette. Le matin, tu ne viens plus nous réveiller à  six heures en marchant sur nous et en accrochant mes cheveux. Tu ne bois plus l’eau qui a coulé durant la nuit et qui s’est couchée dans le bain. Tu ne descends plus les escaliers en miaulant. Tu ne grattes plus la porte pour entrer ou sortir. Tu ne te couches plus sur ton coussin en dessous de notre lit. Tu ne cours plus après les souris, tu ne te frottes plus à mes mollets pour demander la fin de mon bol de lait…tu n’es plus là et je ne le crois pas. Un jour tu reviendras ma petite Mila. Un jour on se retrouvera.

    Les fenêtres à bascule, un danger mortel !

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  • Commentaires

    3
    Dimanche 18 Mai 2014 à 20:45

    Bonsoir,

    Merci pour vos commentaires.

    Iza : même moi, en relisant ce que j'ai écrit (pour corriger des coquilles), j'en pleure encore...

    Christiana : la fenêtre était celle de la cuisine qui donnait sur une véranda. Elle était située au-delà de l'évier. La fenêtre s'ouvrait tout à fait ou en bascule, c'est à dire qu'on pouvait l'ouvrir légèrement de façon à ce qu'elle soit ouverte en haut et sur les côtés mais fermée en bas. Mais l'ouverture se réduit au fur et à mesure que la fenêtre se rattache en bas.  Ce qui fait que ma petite Mila a pu rentré en sautant mais son saut n'était pas assez puissant et elle est tombée en restant coincée entre la fenêtre et le chambranle. Avec le temps, le poids de son corps a fait qu'elle est descendue se coincer jusqu'à le jointure. Comme il y avait l'évier entre nous, je n'étais pas assez grande pour pouvoir la déloger de là. Par contre, dans la véranda, oui. C'est pour ça que j'ai fait le tour pour soulever son arrière train pendant que mon compagnon, plus grand que moi, la soulevait à son tour mais par la poitrine, dans la cuisine.

    2
    Jeudi 15 Mai 2014 à 02:01

    Je ne comprends pas bien de quelle fenêtre il s'agit ni où elle était coincée...

    1
    Mercredi 30 Avril 2014 à 19:28

    Ton histoire est si triste, j'en ai les larmes aux yeux.

    C'est terrible et si injuste pour Mila et pour toi sans elle.

    Malheureusement on ne voit pas toujours ou peut être le danger.

    Merci de nous mettre ne garde...

    Bonne soirée

    Bises

     

     

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